La vigogne (Vicugna vicugna) est une espèce de mammifères d'Amérique du Sud qui vit sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes. La laine de sa toison particulièrement fine est utilisée pour fabriquer des vêtements de luxe. Tout comme l'alpaga, la vigogne appartient au genre Vicugna, au sein de la famille des camélidés. Une étude récente montre que, malgré quelques croisements, le lama, animal domestique, descend du guanaco, animal sauvage, alors que l'alpaga, animal domestique, descend de la vigogne, animal sauvage
La vigogne a une hauteur au garrot de 0,75 m à 1,00 mètre2 (1,30 à 1,50 m de haut à la tête) et elle est longue de 1,20 à 1,80 mètres, ce qui fait d'elle le plus petit des camélidés. La vigogne possède un cou long et musclé et un museau fin. Sa courte queue est fauve sur le dessus et blanche ou beige en dessous. Ses oreilles sont longues, pointues et fines, ses pattes, longues et fines également. Les incisives inférieures de la vigogne sont très longues et poussent continuellement, comme chez les rongeurs.
Son dos, son cou, sa tête et le devant de ses pattes sont de couleur fauve, contrairement à sa poitrine et au derrière de ses pattes qui eux sont de couleur blanche. Son pelage est constitué d'une fibre particulièrement fine (parmi les fibres naturelles seule la soie est plus fine). Son poitrail s'orne de longs poils blancs qui peuvent mesurer jusqu'à 30 centimètres de long. Son faible poids varie entre 40 et 60 kg.
La vigogne vit en groupes constitués d'un mâle, de deux ou trois femelles et de leurs petits dans 80 % des cas. Ces groupes sont appelés harems. Les 20 % restants sont des groupes constitués de quelques mâles célibataires qui partagent un même territoire.
La vigogne habite les hauts plateaux froids et déserts de la cordillère des Andes, qui se situent à une altitude comprise entre 3 500 et 5 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle passe la plus grande partie de sa journée à se nourrir, réservant la nuit à la rumination. Les vigognes en harems restent groupées, hormis le mâle qui se maintient à 10 ou 15 mètres du groupe. Le vocabulaire sonore des vigognes est plutôt restreint, car à part des « onhonh… » plaintifs qui servent à attirer les mâles, la vigogne ne se sert pas du son pour communiquer. Elle préfère les postures comme mode de communication, rarement on peut entendre une sorte de «Cuiii- cuiii» aigu qui sert de cri d'alerte
La vigogne est un animal diurne. La vigogne n'utilise pas d'abri : la naissance des jeunes vigognes a lieu en pleine prairie et lorsqu'un orage de grêle éclate (ils sont fréquents sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes), elle se couche, le cou allongé au ras du sol pour se protéger. La vigogne est très bien adaptée aux déplacements ; ses pattes longues et fines, ses doigts écartés et ses membres rapprochés du centre de gravité lui permettent de courir jusqu'à 40 kilomètres à l'heure sur un terrain caillouteux. Son long cou lui sert de balancier pour se stabiliser durant la course.
La vigogne est herbivore : elle se nourrit uniquement de graminées ainsi que d'autres plantes herbacées. Elle réussit à sélectionner les jeunes pousses grâce à sa lèvre supérieure fendue en deux qui lui permet de trier les herbes. Ses incisives représentent une autre adaptation à son régime alimentaire, car elles sont très larges et poussent sans arrêt. Son long cou lui permet d'atteindre le sol pour brouter sans avoir à plier ses pattes.
Le puma, le renard des Andes et le condor sont les principaux prédateurs naturels de la vigogne. Après l'arrivée des Espagnols, en 1532, c'est l'homme, aidé du chien, qui a contribué à décimer l'espèce pour sa peau. Alors qu'il y avait 1,5 million de vigognes à l'époque des Incas, leur nombre a chuté d'une façon dramatique jusqu'à ce qu'il n'en reste presque plus, en 1965. Depuis cette date, la loi interdit la chasse de la vigogne, qui n'a donc officiellement plus rien à craindre de l'homme[réf. souhaitée]. Une chasse traditionnelle annuelle à la battue, le chaccu est encore autorisée dans certaines communautés andines. Mais l'animal rabattu sur un piège clôturé est désormais relâché après la tonte3..
Il n’est pas rare de confondre les animaux que sont l’alpaga, la vigogne, le guanaco et le lama. Ce dernier est toutefois largement le plus connu. Si toutes ces espèces appartiennent à la même famille des camélidés, elles ont toutefois des propriétés qui leurs sont propres.
Des espèces sauvages ou domestiquées ?
Il faut d’abord savoir que vigogne et guanaco sont des animaux qui vivent à l’état sauvage et qui n’ont jamais été domestiqués, contrairement au lama et à l’alpaga. La vigogne a pourtant été chassée durant de nombreuses années pour la qualité de sa laine.
Différences de gabarit
Le lama est non seulement le plus connu de tous ces camélidés, mais il en est aussi le plus grand : il peut faire jusqu’à 1,90 mètres de hauteur ! Suit son cousin lui aussi domestiqué : l’alpaga.
La différence entre ces deux espèces tient également au fait que la tête de l’alpaga et plus petite et moins allongée que celle du lama. Le guanaco est pour sa part le plus grand des deux camélidés sauvage, même s’il est généralement plus petit que le lama. En petite dernière, la frêle vigogne, qui bien que discrète, attire les convoitises…
Une laine douce, qui peut même se révéler précieuse…
Historiquement, le lama était utilisé pour le portage, l’engrais et pour sa viande ; c’est le pelage de l’alpaga qu’on réservait à la confection d’habits. Cette laine présente de nombreux avantages qui en font la matière idéale pour des vêtements protégeant du froid : elle conserve très bien de la chaleur, elle est très résistante, durable dans le temps et elle absorbe l’humidité de manière particulièrement lente.
Toutefois, les laines des guanacos et des vigognes sont encore plus fines, ce qui vaut aux animaux d’être particulièrement recherchés. Ceci est un euphémisme : ils étaient fréquemment victimes de massacre, perpétrés pour collecter leur pelage. Leur laine se révélait en effet une véritable source de richesse pour les populations andines, souvent pauvres. La vigogne a toutefois bénéficié d’une législation depuis 1993 qui enlève aux communautés rurales le droit de contrôler le négoce et le soin des troupeaux sur leurs territoires. Cela a permis aux vigognes de « retrouver du poil de la bête », autrement dit de se reproduire, alors qu’elles étaient auparavant en voie d’extinction. Malheureusement, les guanacos, un peu moins connus, n’ont pas bénéficié d’une telle législation, et, chassés pour leur fourrure comme pour leur viande, ils sont aujourd’hui en voie d’extinction