Paon [pɑ̃] est un nom vernaculaire ambigu désignant certains oiseaux appartenant à plusieurs espèces et sous-espèces de la famille des phasianidés, classés dans les genres Pavo et Afropavo. Les paons sont donc proches des faisans et des Pintades. Leur plumage remarquable est la raison de leur popularité dans la culture et les arts.
Son nom vient de Panoptès. La femelle du paon est appelée « paonne » (prononcer « panne ») et son petit « paonneau » (prononcer « panneau »).
On dit que le paon « braille » ou « criaille », c'est-à-dire « paonner », quand il pousse son cri caractéristique.
Quand il étale les plumes de sa queue sous la forme d'un éventail, on dit que le paon « fait la roue »; pour les Canadiens, c'est aussi un « paon rouant »3. Cette roue comprend des structures en forme d’œil, qui sont donc appelées ocelles.
Par analogie, certaines races de pigeon biset ayant été sélectionnées pour leur ressembler s'appellent pigeon paon. Certaines espèces de poissons combattants sont également appelées « paon de mer » en allusion à leurs nageoires étalées. Plusieurs espèces de papillons portent aussi le nom de ces oiseaux, comme le grand paon de nuit, en raison de leurs ailes ocellées.
Liste alphabétique des Phasianidés portant précisément ce terme dans leur nom normalisé, d'après la Commission internationale des noms français des oiseaux (CINFO).
Paon bleu (Pavo cristatus)
Paon du Congo (Afropavo congensis)
Paon spicifère (Pavo muticus)
Liste alphabétique des noms vernaculaires ou des noms vulgaires dont l’usage est attesté
certaines espèces ont plusieurs noms.
Le paon porte sur la tête une aigrette en couronne et le plumage de la queue du mâle peut se dresser en éventail : on dit le plus souvent qu'il fait la roue. Les plumes de la queue possèdent des ocelles ressemblant à des yeux.
Ni la femelle ni le petit ne possèdent le type de plumage qui fait la beauté de ces oiseaux. Chez les paons, les mâles et les femelles ne se différencient qu'à l'âge de deux ans. À peine plus petite, la femelle se distingue par une queue beaucoup plus courte et un plumage nettement moins bigarré, plus propice au mimétisme. Cette particularité l'aide en effet à passer inaperçue lorsqu'elle doit rester sur le sol pour couver. La traîne du mâle peut atteindre 1,50 m de long, sauf chez le paon du Congo, plus proche de celle du dindon. Elle n'atteint sa taille adulte qu'au bout de trois ans[réf. nécessaire]. Le cri d'appel caractéristique du paon, « léon ! », peut s'entendre à plus d'un kilomètre à la ronde.
Le paon est un animal diurne. Il est vulnérable à l'éclairage artificiel nocturne qui accroit son degré de vigilance la nuit ; c'est ce qu'à montré une étude récente (2015) lors de laquelle les chercheurs ont apposé des enregistreurs-accéléromètres sur la tête de paonnes, de manière à pouvoir suivre leurs mouvements de têtes en situation de nuit noire, ou dans un environnement nocturne perturbé par de la lumière. Ils ont constaté qu'en situation de pollution lumineuse, la vigilance nocturne des paonnes est significativement augmentée, et que ces oiseaux quand ils devaient faire face à un compromis entre vigilance et dormir la nuit passait moins de temps à dormir, probablement au détriment de leur santé. Quand on leur donne le choix, ils ne choisissent néanmoins pas de se percher à l'ombre plutôt qu'à la lumière.
Les variations de nuances dans le plumage dépendent de la concentration ou de la migration partielle de la mélanine. Ces mutations sont courantes chez le Paon bleu d'élevage avec les variétés alba (blanc), nigripenne ou panachée.
Les couleurs chatoyantes et les ocelles sont provoqués par la structure complexe de la plume du paon.
De fait dans l'absolu la plume est de couleur noire permettant une absorption complète du spectre lumineux, les barbules étant hérissées de microlamelles parallèles. Lorsque la plume est éclairée, selon le chemin parcouru par les radiations lumineuses dans les microlamelles, deux radiations lumineuses de même couleur peuvent s'annuler, la barbule recevant alors une lumière d'où a disparu une couleur, soit la couleur complémentaire. La couleur qui apparaît à nos yeux dépend de l'écartement entre les microlamelles, celui-ci est de l'ordre de la longueur d'onde, soit quelques dixièmes de microns.